Règles pour un sous-titrage professionnel

Qui n’aime pas aller au cinéma ou alors voir une bonne série ou un bon film ? Que se passe-t-il s’il n’est pas doublé dans notre langue ? Dans ce cas, le sous-titrage professionnel est utilisé pour accéder aux contenus audiovisuels produits dans d’autres langues qui nous sont totalement ou partiellement étrangères. En France, il est de plus en plus courant, depuis des années, de reproduire les contenus audiovisuels en version originale avec les sous-titres. En effet, de nombreuses personnes l’utilisent pour pratiquer des langues ou pour consulter des contenus dans des espaces publics et bruyants. Cependant, le sous-titrage sert également un autre objectif fondamental : permettre aux personnes malentendantes de profiter pleinement des contenus audiovisuels.

Comment faire un bon sous-titrage ?

Un sous-titrage professionnel est réalisé dans le respect de certaines particularités linguistiques et traductologiques. En outre, les conventions orthotypographiques et de mise en forme indiquées ci-dessous doivent être prises en compte.

  • Langue

La langue des sous-titres, qu’il s’agisse d’une traduction ou non, présente les caractéristiques suivantes :

    • Réduction

L’une des principales raisons de cette réduction est que la capacité d’audition est supérieure à la capacité de lecture. Par conséquent, pour garantir la compréhension, il faut prendre en compte la vitesse de lecture la plus confortable pour la moyenne des spectateurs.

Un autre aspect qui influence le niveau de réduction est le degré de similitude ou de différence entre la syntaxe de la langue d’origine et celle de la langue cible.

Par conséquent, le sous-titreur supprime tout ce qui n’est pas pertinent et reformule ce qui est considéré comme le plus important, en fonction des types de réduction qui existent :

      1. Réduction partielle (condensation) : cette stratégie consiste à résumer, synthétiser ou paraphraser le message original en utilisant, entre autres :
        • Des mots courts.
        • Des structures syntaxiques simples.
        • Remplacer les noms ou les syntagmes nominaux par des pronoms.
        • Changer les phrases passives en voix active.
        • Fusionner deux phrases en une.
      1. Réduction totale (omission) : des aspects ou les éléments linguistiques de l’original sont supprimés afin de créer des sous-titres concis. En outre, les éléments tels que les tics de langage ou les mots qui ne fournissent pas d’informations pertinentes sont omis.
    • Segmentation

La segmentation consiste à fragmenter ou à diviser le message original en lignes de sous-titres. Ces segments doivent être séparés de manière à obtenir des unités syntaxiques logiques.

    • Cohésion et cohérence du texte

Chaque sous-titre doit être relié à celui qui le précède ainsi qu’à celui qui le suit afin de donner de la cohérence au message. La cohésion du texte est obtenue au moyen de ressources telles que les déictiques, le changement dans l’ordre de la syntaxe ou la segmentation des sous-titres.

    • Synchronisation et cohésion sémiotiques

Un aspect important du sous-titrage est de faire correspondre ce que disent les personnages avec l’entrée et la sortie des sous-titres. Cette synchronisation tient également compte des changements de son et de plan qui peuvent survenir.

    • Passer de l’oral à l’écrit

Lors du changement de mode, certaines caractéristiques du discours oral changent ou disparaissent. En outre, afin de gagner de l’espace, on utilise souvent des ressources telles que des acronymes, des apocopes, des sigles ou des symboles.

  • Conventions orthotypographiques

Bien que l’utilisation de signes de ponctuation dans le sous-titrage professionnel soit la même que dans tout autre type de texte écrit, il existe certaines conventions orthotypographiques dont il faut tenir compte :

    • Les points d’interrogation et d’exclamation : il est recommandé de ne pas en abuser, car, en plus de prendre inutilement de l’espace, ils peuvent fatiguer le lecteur.
    • Le tiret : sans espace avant le début du sous-titre, il indique le début du dialogue entre les personnages. Le tiret ne doit jamais être utilisé pour séparer les mots à la fin d’un segment.
    • Les parenthèses : elles sont utilisées pour encadrer des commentaires ou des éclaircissements en marge du dialogue ou pour fournir des informations sur les caractéristiques paralinguistiques qui accompagnent le discours. Par exemple, elles peuvent signaler si une personne bégaie, crie ou murmure.
    • L’italique : il est utilisé pour signaler les voix off, les voix au téléphone, les voix lointaines, les paroles de chansons et les titres de livres ou de journaux. Dans le cas du sous-titrage pour les personnes malentendantes, l’italique est également utilisé pour signaler des mots mal prononcés ou des erreurs grammaticales ponctuelles d’un personnage.
    • Les points de suspension : ils doivent être utilisés selon les règles grammaticales pour exprimer le doute, l’insécurité, une déclaration inachevée ou interrompue par l’interlocuteur ou pour indiquer une pause dans un sous-titre.
Règles pour un sous-titrage professionnel

Crédit photo : Denise Jans sur Unsplash

  • Format et positionnement des sous-titres

Les sous-titres doivent être suffisamment grands pour être lisibles. Par conséquent, la police doit être espacée, la moins stylisée possible et à simple interligne. Par exemple, en Arial ou Times New Roman 12 points ou Courier New 10 point. Quant à la couleur, en France, les sous-titres sont généralement blancs. Toutefois, dans le cas d’un sous-titrage pour les personnes malentendantes, la couleur des caractères est associée au rang du personnage (principal, secondaire, narrateur, entre autres). Les sous-titres doivent être placés en bas de l’écran. Dans le cas des sous-titrages pour les malentendants, les précisions concernant les effets sonores se trouvent dans le coin supérieur droit.

  • Vitesse des sous-titres

Selon les normes de sous-titrage professionnel, un sous-titre d’une ligne doit rester à l’écran pendant 3 secondes et celui de deux lignes ne pas rester plus de 6 secondes. Ces temps sont suffisants pour permettre au spectateur de les lire facilement et naturellement.

Combien de lignes doit comporter un sous-titre ?

La limite habituelle est une ou deux lignes d’une longueur équilibrée. S’il y a deux personnages qui parlent dans un même sous-titre, une ligne doit être réservée pour chacun d’eux.

Combien de mots/caractères doit contenir un sous-titre ?

Il est recommandé que chaque ligne comporte entre 28 et 40 caractères. Il convient de rappeler qu’en plus de toutes les lettres, les signes de ponctuation et les espaces comptent également comme des caractères.

En quoi consiste le travail d’un sous-titreur ?

Tout sous-titreur professionnel effectue le processus suivant lorsqu’il sous-titre un contenu audiovisuel :

  1. Lecture et analyse de tout le contenu devant être travaillé et prise de note des éventuels problèmes de traduction. Par exemple : la polysémie, les jeux de mots, les déictiques.
  2. Création de sous-titres en tenant compte des aspects suivants :
    • Minutage : repérer les temps d’entrée et de sortie des sous-titres afin qu’ils soient bien synchronisés avec l’audio et calculer la durée minimale et maximale en respectant les changements de plans et de scène.
    • Traduction du contenu dans d’autres langues. À ce stade, les contraintes spatio-temporelles du sous-titrage doivent être prises en compte.
    • Simulation : représentation des sous-titres traduits avec l’image et le son pour s’assurer que tous les critères sont satisfaits et qu’ils peuvent être lus facilement et naturellement.
  1. Une fois les points ci-dessus réalisés, il faut vérifier l’orthographe des sous-titres et les lire pour s’assurer qu’ils ont une continuité logique. Dans la traduction audiovisuelle, la vérification du travail effectué est essentielle, car les fautes, les erreurs linguistiques ou les coquilles sont gênantes et perturbent la concentration du spectateur.
  2. Contrôle qualité : le sous-titrage, une fois terminé, doit être synchronisé avec l’image à l’écran. Sa lecture doit être naturelle et fluide afin que le spectateur puisse apprécier la scène, le son et le texte en même temps.

Si vous avez besoin d’un sous-titrage professionnel, contacter une agence de traduction est la meilleure solution. Chez sanscrit, nous collaborons avec des professionnels ayant une grande expérience du sous-titrage sur tous types de supports audiovisuels.

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