Doublage ou sous-titrage ? Deux options de films

Bien que le doublage ait été traditionnellement le moyen le plus utilisé pour traduire des produits audiovisuels en France, une autre option a gagné en force et en pertinence : le sous-titrage. Quels sont les avantages et les inconvénients de chacune des options ?

La France est un pays qui a peu l’habitude de regarder les films en version originale sous-titrée. Tout remonte à l’époque de la guerre et à la censure qui régnait sur toutes les œuvres venant de l’étranger, notamment des États- Unis. À l’époque, le doublage a été encouragé, car il permettait de contrôler le message, tant sur le plan de la forme que du contenu, qu’un film transmettait au public, et facilitait également une compréhension immédiate pour le spectateur du contenu qu’il regardait. Cela a eu pour heureuse conséquence de consolider dans le pays l’une des meilleures écoles de comédiens-doubleurs de voix d’Europe, avec des voix légendaires qui nous accompagnent depuis des décennies et dont le bon travail se poursuit aujourd’hui avec son nouveau lot de professionnels. La voix de Jean-Claude Michel doublant Sean Connery, Clint Eastwood, Robert Mitchum, Richard Burton ou Rock Hudson, parmi tant d’autres, résonne encore dans nos têtes. Nous ne pouvons pas non plus oublier la voix inimitable de Georges Aminel, qui a doublé d’innombrables personnages comme Dark Vador, et sa célèbre phrase « Luke, je suis ton père » que nous avons tous répétée à un moment donné ou à un autre en imitant la façon de parler du légendaire méchant de Star Wars.

Cependant, si le doublage a non seulement facilité la compréhension du contenu d’un film par le spectateur et permis à la France d’assimiler des notions culturelles étrangères, il a également induit la déperdition du sens original que l’auteur avait conféré à son œuvre. La censure a bien évidemment joué un rôle décisif dans le passé, en parvenant à créer des situations véritablement grotesques dans lesquelles les personnages établissaient entre eux des relations qui n’avaient rien à voir avec le véritable scénario. Un exemple frappant est Mogambo en espagnol, où la censure de Franco a transformé par inadvertance l’adultère en inceste. Toutefois, de nos jours, le problème est essentiellement culturel et intellectuel. C’est pourquoi le sous-titrage a gagné des adeptes, car il permet de montrer la véritable signification du contenu dans la version originale. En ce qui concerne la production, il est clair que le sous-titrage est une alternative moins onéreuse au doublage, car il permet de se passer des comédiens-doubleurs de voix et d’un montage complexe. Cependant, il exige un travail sérieux et professionnel, ainsi qu’une bonne connaissance de la langue et de la culture du film, afin d’éviter les littéralismes qui peuvent gâcher le sens d’une phrase. Dans tous les cas, la rigueur et la connaissance exhaustive de la langue source sont essentielles pour que, quel que soit le choix entre doublage et sous-titrage, le résultat soit aussi agréable que professionnel.

Doublage ou sous-titrage ? Deux options de films

Crédit photo : Meg Boulden sur Unsplash

Le doublage

Le doublage est le processus d’enregistrement et de remplacement des voix d’un produit audiovisuel pour son internationalisation. Dans cette technique, l’image et le son sont travaillés ensemble et il faut des professionnels qui connaissent parfaitement ce travail.

Le traducteur de doublage doit être capable de créer des dialogues naturels et fluides. Par conséquent, souvent, il ne s’agit pas de traduire littéralement, mais de bien refléter l’essence du texte original et de l’adapter à la culture cible. Ensuite, les interprètes de doublage sont chargés d’interpréter les dialogues le plus naturellement possible, en enregistrant leur voix sur celle du comédien de manière synchronisée.

Les types de doublage

Il existe plusieurs types de doublage usuels dans le monde audiovisuel : le doublage en synchronisation labiale (la traduction est adaptée aux mouvements des lèvres du personnage en scène), la voix off (les voix originales sont maintenues en arrière-plan, alors que les voix préenregistrées sont superposées au premier plan), les commentaires libres (pendant que l’action se déroule, le narrateur décrit subjectivement ce qui se passe) et l’interprétation simultanée (effectuée en temps réel dans la même salle où se déroule l’action).

Le sous-titrage

Le sous-titrage consiste à transcrire les dialogues d’un produit audiovisuel dans la même langue ou dans une langue différente en respectant les limites d’espace et de temps : le nombre de caractères par ligne, le nombre de lignes par sous-titre, le temps d’affichage à l’écran et la vitesse de lecture.

Par exemple, en français, le texte peut comporter jusqu’à douze mots répartis sur deux lignes (un maximum de 38 à 42 caractères par ligne), généralement affichées en bas de l’écran. En outre, le sous-titre peut être visible au moins une seconde et au plus six, sans perdre la synchronisation visuelle et auditive. C’est-à-dire que l’apparition et la disparition du sous-titrage doivent coïncider au mieux avec le moment où les personnages parlent. Quant à la vitesse de lecture, elle est de l’ordre de 20 caractères par seconde afin de ne pas gêner la lecture et la compréhension. En fait, un sous-titrage bien fait doit transmettre le message principal de manière synthétique et de permettre au spectateur de profiter de l’image et de l’audio en même temps.

Cependant, le rôle du traducteur audiovisuel ne se limite pas seulement à prendre en considération ces aspects, il doit également veiller à ce que la traduction soit fidèle à la version originale et tenir compte des différents changements de plan. C’est pourquoi certaines parties des dialogues sont parfois omises ou l’accent mis sur ce qui est dit est simplement modifié afin d’atteindre convenablement le public cible.

Mais comment le traducteur choisit-il les parties du dialogue à sacrifier au profit de la compréhension du message et des principales informations ? Les stratégies de condensation sont nombreuses, par exemple :

  • omettre les noms propres, les appellatifs, les interjections, les formes de courtoisie, les répétitions inutiles, les tics de langage, etc.,
  • reformuler certaines phrases afin de les rendre plus simples,
  • utiliser des pronoms au lieu des prénoms (« Lui dire » au lieu de « Dire à Jean ») ou des mots plus courts (« au plus vite » au lieu de « dès que possible », etc.) ou des apocopes chaque fois que possible (cata, télé, ciné, etc.),
  • changer les catégories grammaticales par d’autres, moins étendues (« Nous avons visité un musée où nous n’avions jamais été » par « Nous avons visité un nouveau musée »).

Types de sous-titres

Il existe 3 types de sous-titrage : interlinguistique (le texte affiché est dans une langue différente de la bande audio originale de la production), bilingue (le texte affiché est dans deux langues différentes en même temps) et simultané (le message parlé est retranscrit en texte en temps réel).

Avantages et inconvénients de chaque technique

Qu’il s’agisse du responsable d’un produit audiovisuel, de l’agence de traduction chargée du doublage ou du sous-titrage du contenu, ou du spectateur qui doit choisir la manière dont il préfère regarder un film, les deux techniques présentent des avantages et des inconvénients.

Technique Avantages Inconvénients
Doublage
  • Il permet au spectateur de regarder l’image avec fluidité, sans avoir à détourner le regard pour lire ce que disent les personnages.
  • Il rend le contenu accessible aux personnes qui ne connaissent pas la langue d’origine du produit.
  • Le processus de traduction est plus complexe, surtout lorsque la synchronisation doit être faite avec les lèvres des comédiens à l’écran.
  • Il requiert l’intervention de plusieurs parties : le traducteur du scénario, les comédiens de doublage pour chaque personnage, un ingénieur du son, etc.
  • Il est difficile de préserver les intonations des voix originales.
Sous-titrage
  • C’est plus rapide et moins cher.
  • Il permet d’écouter la bande-son originale, notamment les voix et les intonations, ce qui donne de l’intérêt et de l’authenticité au produit audiovisuel.
  • Il rend le produit accessible aux personnes malentendantes.
  • Il est très utile pour ceux qui souhaitent améliorer l’oral dans une langue étrangère, car il permet d’écouter la prononciation et de renforcer la compréhension orale.
  • Il présente deux stimuli différents (image et texte écrit) et fournit des informations simultanément par le même sens.
  • Il est souvent critiqué pour son caractère trop synthétique.

Doublage ou sous-titrage : qu’est-ce qui est mieux ?

La préférence entre le sous-titrage et le doublage dépend, en fin de compte, du spectateur. Par exemple, une personne malentendante aura besoin de sous-titres à l’écran pour comprendre ce qui se passe, tandis qu’un malvoyant préférera le doublage.

Quoi qu’il en soit, il est conseillé de faire appel à des professionnels dûment formés à ces techniques qui sauront rendre un travail de qualité.


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