La traduction : l’art de trouver les bons mots

S’il n’est pas souvent facile de trouver les bons mots pour exprimer une idée, une pensée ou une émotion dans notre propre langue, alors imaginez dans une autre ! C’est le grand défi à relever quotidiennement par les traducteurs : « Comment puis-je dire ce mot ou cette expression dans une autre langue ? », « comment puis-je traduire le contenu, non seulement d’une phrase, mais d’un texte complet dans une autre langue ? ». À vrai dire, il n’est pas facile de répondre à ces deux questions, même pour les grands professionnels du secteur. Connaissez-vous l’expression mythique Traduttore, traditore ? Ce dicton italien, si populaire parmi les traducteurs, reflète parfaitement la complexité des deux questions précédentes. « Traducteur, traître ». En effet, il est impossible de traduire un écrit littéralement d’une langue à une autre. Par conséquent, les traducteurs sont, métaphoriquement parlant, des traîtres du texte d’origine avec lequel ils travaillent. Toutefois, l’affirmation italienne ci-dessus offre une vision trop négative et simpliste du travail d’un professionnel des langues. À vrai dire, les traducteurs sont plutôt des herméneutes que des traîtres, car ils sont capables d’analyser minutieusement un texte, de l’interpréter correctement et, enfin, de traduire son contenu dans une autre langue. Pour mener à bien cette tâche importante et complexe qu’est la traduction d’un mot, d’une expression, d’une phrase ou d’un texte complet d’une langue à une autre, il est nécessaire de tenir compte de plusieurs aspects d’importance capitale :

  • La fidélité de la traduction par rapport au texte d’origine. Il est essentiel que le texte cible transmette le même message ou le même contenu que le texte source.
  • La préservation du style original de l’auteur dans la traduction. Comment écrit-il, comment exprime-t-il ses idées sur le papier ? En bref, il faut vérifier si l’écrivain emploie entre autres…
    • Des figures rhétoriques.
    • Des phrases très longues (style soigné) ou des phrases courtes (style télégraphique) ; des phrases simples ou composées, complexes ou simples, en termes de facilité de compréhension des informations qu’elles véhiculent.
    • Une syntaxe plus alambiquée et compliquée ou, au contraire, une syntaxe plus accessible et plus facile.
    • Un vocabulaire très formel/riche ou informel/standard ; très riche, varié ou soigné ou bien simple et répétitif.
La traduction : l’art de trouver les bons mots

Crédit photo : Alexandra sur Unsplash

  • La compréhension. Lorsque l’on traduit un texte, il faut penser aux destinataires de celui-ci. Peuvent-ils parfaitement et sans difficulté comprendre le texte final dans son ensemble, ainsi que tous les termes, les expressions idiomatiques et les constructions grammaticales utilisés ? Cependant, la bonne compréhension d’un texte traduit dépend non seulement de la correction linguistique dans la langue cible, mais aussi de deux autres facteurs très importants :
    1. La culture. Lorsque nous écrivons, nous faisons souvent référence à notre culture, c’est-à-dire que nous mentionnons des références que nous connaissons bien. Cependant, il se peut que les destinataires d’un texte aient une culture différente ou très différente de la nôtre. Dans ces cas, il est impératif que les traducteurs adaptent ou localisent les références que les lecteurs cibles ne connaissent pas, car elles n’appartiennent pas à leur propre culture. Comment ? En les remplaçant par d’autres qui sont universels, ou spécifiques à la culture cible. Cela permettra aux destinataires de comprendre parfaitement un texte traduit dans leur langue. Dans le domaine de la traduction, ce travail d’adaptation d’un texte à la culture de ses destinataires (une culture différente de celle du texte de départ) est appelé localisation.
    2. L’idiomaticité. En de nombreuses occasions, il est possible d’observer que la même phrase ou la même expression peut être traduite littéralement. Toutefois, en procédant ainsi, la construction qui en résulte ne semble pas naturelle ou idiomatique dans la langue cible. C’est pourquoi, dans ces cas, il est préférable d’opter pour une traduction moins littérale, mais mieux adaptée aux caractéristiques et à l’usage habituel de la langue cible. Ainsi, en lisant un texte, le public ne se rendra pas compte qu’il s’agit d’une traduction et n’identifiera pas les éléments linguistiques qui lui semblent étranges, ce qui nuit à la qualité, à la fluidité et à la correction d’un texte.

Comme on peut le constater, les traducteurs doivent tenir compte de nombreux facteurs pour pouvoir répondre aux deux questions posées au début de cet article et, par conséquent, pouvoir offrir des traductions de qualité. En bref, des traductions professionnelles, fidèles au style et à l’esprit de l’auteur ainsi qu’au texte d’origine, mais qui s’adaptent, en même temps, au lecteur final et soient linguistiquement correctes. Bienvenue dans le monde du traducteur professionnel !

María Soria
info+msoria@sanscrit.net

Es filóloga inglesa, editora y traductora inglés-español. Apasionada de la escritura, tiene amplios conocimientos en corrección de textos en español y traducción literaria, humanística y jurídica. Ha traducido y autopublicado en Amazon varios relatos breves. En sanscrit, se ocupa del marketing.